Brèves N°91 : 1981 : Y voir clair, s’engager, peser dans le sens du changement


Du 1er janvier à la fin février, plus de 300 préavis de grève sont recensés. Au total, ce sont des dizaines de milliers de travailleurs des PTT qui disent NON à la pause catégorielle et expriment leur aspiration à lutter ensemble pour leurs revendications. Et c’est sur ce fond de combativité que se préparent la grève du 26 mars et l’élection présidentielle.
700000 grévistes dans l’ensemble du secteur public et nationalisé, dont 80000 dans les PTT. «Jamais encore les grévistes n’avaient été aussi nombreux dans les PTT lors d’un arrêt de travail organisé au seul appel de la CGT» peut-on lire dans le numéro 221 de La Fédération CGT des Postes et Télécommunications, FO et la CFDT hurlant à la grève politique aidées en cela, comme d’habitude, par certains médias.
Mais toutes ces attaques sont vaines et la CGT ne dévie pas de son cap.
L’élection présidentielle va se dérouler les 26 avril et 10 mai 1981. Comme le rappelle le journal fédéral, les nationalisations des grands groupes et de leurs filiales font partie des conditions du changement.
Le 10 mai 1981, François Mitterrand l’emporte avec 51,8% contre 48,2% à son rival de droite.
Une nouvelle période s’ouvre entre espoirs et désillusions.
- Lire l’histoire de la Fédération CGT des PTT, tome 2, pages 546-547.
- Lire le dossier d’Albert Le Guern dans Le Relaisn°9.

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Brèves N°91 : 1871 : L’internationale


Le 6 novembre 1887, le grand poète révolutionnaire Eugène Pottier mourait à l’hôpital Lariboisière à Paris.
Si, au moment de sa mort, il n’était plus un inconnu et si les critiques le considéraient comme un authentique poète, il n’était pas encore le chantre de l’Internationale.
Ce texte a-t-il été écrit durant la «Semaine Sanglante» en 1871 comme l’affirme son auteur, ou plus vraisemblablement pendant son exil en Angleterre et en Amérique ?
Toujours est-il qu’il ne sera publié que 16 ans plus tard.
Mais il manquait encore une chose à l’Internationale pour devenir populaire : qu’elle puisse être chantée !
En juin 1888, le poème va être doté d’une musique originale, celle de Pierre Degeyter, musicien de la Fanfare de la Fédération du nord du Parti ouvrier français.
L’Internationale, c’est un chant de lutte et d’espoir.

Quoi de plus poignant que cet appel lancé à tous les déshérités de l’univers par un homme traqué dont la vie ne tenait qu’à un fil. Dignes, il fallait se relever, «Debout, les damnés de la terre Debout les forçats de la faim…».
En écrivant l’Internationale, Pottier avait les yeux tournés vers l’avenir, pas sur le passé, «Du passé faisons table rase Foule esclave, debout, debout Le monde va changer de base Nous ne sommes rien, soyons tout».


- Lire LachansondelaCommune de Robert Brécy, pages 245-246.

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Brèves N°91 : 1961 : manifestation des algériens à Paris


Le 7 janvier 1961, 75% de l’électorat se prononce pour l’autodétermination du peuple algérien.
Madeleine Vignes, secrétaire fédérale, tempère néanmoins la satisfaction exprimée après l’ouverture des négociations le 14 mars 1961 : « Il serait dangereux de penser qu’il suffit que la négociation s’ouvre pour qu’elle aboutisse. Les exigences des trusts du pétrole et des bénéficiaires de la coloni-
sation sont grandes».
17 octobre : le FLN d’Algérie (Front de Libération Nationale) appelle, en refusant que la CGT y prenne part, à une manifestation pacifique à Paris. La police, avec la bénédiction du préfet Papon, se livre pourtant à un véritable massacre. Dix à quinze mille Algériens sont interpellés, internés, subissent des tortures et des violences innommables.
Le lendemain, la Seine charrie des cadavres par dizaines. Le bilan officiel est de deux morts !!!
On ne saura jamais exactement ni le nombre, ni l’identité des disparus, mais le chiffre de plusieurs centaines de morts est le plus vraisemblable. Le gouvernement empêche la création d’une commission d’enquête. Les plaintes déposées sont toutes closes pour non-lieu, et tout ce qui peut rendre compte
de la tuerie est systématiquement censuré.
Les accords d’Évian ne seront signés que le 18 mars 1962. La guerre sera enfin terminée.
- Lire le N° Hors-Série du centenaire du journal l’Humanité.
- Lire l’Histoire de la Fédération CGT des PTT, tome 2, pages 190 à 193.

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Brèves N°90 : 50e anniversaire de la circulaire 054 du 8 juin 1971


Au conseil national des 6 et 7 avril 1971, Emile Quéré présente aux participants ce qui va devenir la Circulaire 054 du 8 juin 1971, régissant les droits syndicaux, confirmée en bulletin officiel cinq mois plus tard. En voici les 6 points essentiels :
– Les organisations syndicales constituent la voie naturelle de représentation du personnel.
– Les autorités hiérarchiques responsables doivent se prêter, de la manière la plus large possible, au dialogue avec les représentants des syndicats et sections syndicales.
– Nul ne peut être inquiété en raison de son affiliation ou de sa non-appartenance à un syndicat.
– Les représentants qualifiés des organisations professionnelles ne peuvent faire, eu égard à leur activité syndicale, l’objet de discrimination, sur quelque plan que ce soit, en particulier sur celui du déroulement de carrière.
– Les facilités que les organisations syndicales ont déjà obtenues régulièrement ne sauraient être remises en cause.
– La reconnaissance du droit syndical s’accompagne du droit de disposer des moyens nécessaires à son plein exercice : locaux, autorisations spéciales d’absence, dispenses de service.
Chaque militant et militante sait que, dans le domaine des droits syndicaux comme dans les autres, rien n’est acquis définitivement. Avoir conscience de
leur importance, et donc de les respecter, est la première condition à remplir pour les défendre et les améliorer.
Lire : Emile Quéré, un militant de la Fédération CGT des PTT, de Francois Briand.
Lire l’article dans Le Relais d’octobre 2001 sur la circulaire du 8 juin 1971.

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Brèves N°90 : 1951, la révocation de Georges Frischmann et de rené Duhamel


Le 25 janvier 1951, à Berlin, Georges Frischmann signe avec son homologue du syndicat des PTT de la RDA une déclaration contre le réarmement de l’Allemagne et la reconstitution de la Wehrmacht. Ce texte appelle les travailleurs des PTT de France et d’Allemagne «àfairetousleursefforts» pour, notamment, «éviter que les PTT soient utilisés pour la guerre, mais au contraire, pour qu’ils soient exclusivement réservés aux besoins pacifiques des peuples…et pour créer dans tous les bureaux et services de larges et actifs comités de paix». Le 27 janvier, une campagne de presse, avec le Figaro en fer de lance, est engagée. Ignorant le texte réel, elle se livre à l’exploitation tendancieuse d’un communiqué d’une agence de Berlin sous entendant l’appel au sabotage.
Le 1er février, le ministre Charles Brune y va de son propre couplet diffusé par l’AFP. Reprenant les accusations mensongères du Figaro, il annonce la suspension de fonction de Georges Frischmann et de René Duhamel. Ce dernier n’est pourtant pas signataire de la déclaration. Qu’importe ! Le ministre veut associer dans cette affaire le communiste Georges Frischmann et le socialiste René Duhamel, resté fidèle à la CGT. C’est la haine de classe.
Cette frénésie répressive, commencée vers la fin 1947, se poursuivra jusqu’en 1953, où la grève générale, d’une durée de trois semaines, annoncera un changement de la donne sociale. Durant ce laps de temps, l’administration sanctionnera, pour un oui ou pour un non, de très nombreux militants CGT.
Ces coups feront mal. Cependant ils n’empêcheront pas la Fédération de poursuivre et de s’affirmer comme l’organisation la plus représentative.
Georges Frischmann et René Duhamel resteront, malgré plusieurs recours, révoqués jusqu’en 1981.
Lire l’article complet sur ce procès politique dans Le Relais n°10 juin 2001, de Michel Delugin.
Lire Une biographie syndicale et politique de Georges Frischmann d’Alain Gautheron.

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Brèves N°90 :1941, Fernand Piccot est arrêté

Fernand Piccot (1906-1985), responsable CGTU des PTT avant-guerre, militant communiste, est arrêté le 2 mai 1941. Il est incarcéré à la prison de la Santé durant plus de trois mois. Alors qu’il doit être libéré, il va être déplacé dans plusieurs camps d’internement. Il est au camp de Châteaubriant le 22 octobre 1941, lorsque les 27 otages, dont Jean Grandel (1), sont fusillés. Il raconte : «les 27 otages avaient été parqués dans la même baraque en attendant que les Allemands les emmènent. Quant aux autres détenus, nous étions enfermés dans nos baraques. Nous avons chanté tous ensemble la Marseillaise et les Camarades ont continué à chanter dans les camions qui les conduisaient au lieu de la fusillade. Bien que l’on sût ce qu’étaient le fascisme, nous étions très marqués par celle-ci, qui fut hélas, suivie par beaucoup d’autres, le 15 décembre 1941 et au début de l’année 1942». Interné par la suite aux camps de travaux forcés de la base de sous-marins allemands de la Pallice et de la Rochelle, il s’en évadera, et deviendra responsable de la Résistance PTT en région parisienne et participera à la libération de Paris.
Fernand Piccot sera élu Secrétaire général de la Fédération CGT des PTT en septembre 1945, au congrès de Limoges.
Lire le document de l’IHS CGT FAPT, Libération Nationale PTT et la Fédération CGT FAPT, soirée de l’été du 29 août 2006 «Fernand Piccot, premier secrétaire de la Fédération après la deuxième guerre mondiale, 1945 à 1950».

1. Nous reviendrons dans un prochain numéro du relais sur le 80e anniversaire des fusillades de Châteaubriant et sur le destin tragique de Jean Grandel.

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18 mars 2021

Brèves N°89 : 1941 Les associations professionnelles de fonctionnaires dans les PTT et le statut des Fonctionnaires de Pétain

La loi sur les associations professionnelles pré- cède la promulgation du statut des fonction- naires, qui y fait référence. Les grands principes sont d’ores et déjà clairement indiqués : l’Etat français veut un syndicalisme de type corpora- tisme, où patrons et salariés ne se combattent plus, mais collaborent pour le grand bien de leur patrimoine commun : la profession !!!Pour compléter cette loi, le 14 septembre 1941, le statut des fonctionnaires de Pétain voit le jour. Il ne comporte aucun droit, mais beaucoup de devoirs.Devoirs... [Lire la suite]
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18 mars 2021

Brèves N°89 : Ambroise Croizat (1901 – 1951)

« Vivre sans l’angoisse du lendemain, de la maladie ou de l’accident de travail, en coti- sant selon ses moyens et en recevant selon ses besoins ».Ouvrier métallurgiste à 13 ans, député com- muniste du Front Populaire, Ambroise Croizat participe à l’élaboration dans la clandestinité du programme du Conseil National de la Résis- tance, qui débouche sur les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 relatives à la création de la Sécurité Sociale.Ministre du travail entre 1945 et 1947, il dirige (avec Pierre Laroque, directeur général des... [Lire la suite]
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18 mars 2021

Brèves N°89 : La Fusillade de Fourmies 1er mai 1891

Fourmies, située dans le département du Nord, est en 1891 une petite ville d’un peu plus de 15 000 habitants. Très industrialisée (verrerie et travail de la laine), les ouvriers y représentent plus de 75 % de la population active.L’industrie, depuis 1890, connaît une certaine période de marasme et le patronat local en- tend que les ouvriers paient les frais de la crise (pourtant les bénéfices patronaux de Fourmies s’étalent par an entre 400 000 et 1 000 000 de francs or). C’est un patronat de combat. Les industriels s’opposent, par... [Lire la suite]
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