Brèves 3 N°89 : 1941 Les associations professionnelles de fonctionnaires dans les PTT et le statut des Fonctionnaires de Pétain

La loi sur les associations professionnelles pré- cède la promulgation du statut des fonction- naires, qui y fait référence. Les grands principes sont d’ores et déjà clairement indiqués : l’Etat français veut un syndicalisme de type corpora- tisme, où patrons et salariés ne se combattent plus, mais collaborent pour le grand bien de leur patrimoine commun : la profession !!!
Pour compléter cette loi, le 14 septembre 1941, le statut des fonctionnaires de Pétain voit le jour. Il ne comporte aucun droit, mais beaucoup de devoirs.
Devoirs particuliers qui imposent aux fonc- tionnaires les nécessités supérieures du service public auquel il est appelé à collaborer, mais aussi devoirs qui s’étendent à sa vie privée, dans laquelle il doit s’abstenir de toute attitude qui compromettrait le prestige de sa fonction (y compris la grève, le ralentissement concerté du travail et l’application volontairement trop étroite des règlements !!!).
Et tout est à l’avenant. Ce statut inspirera cer- taines législations coercitives ultérieures.
Lire « l’Histoire de la Fédération CGT des PTT » de Georges Frischmann p 479.
Lire « le bulletin Libération Nationale PTT » 4e trimestre 2016.

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Brèves 2 N°89 : Ambroise Croizat (1901 – 1951)


« Vivre sans l’angoisse du lendemain, de la maladie ou de l’accident de travail, en coti- sant selon ses moyens et en recevant selon ses besoins ».
Ouvrier métallurgiste à 13 ans, député com- muniste du Front Populaire, Ambroise Croizat participe à l’élaboration dans la clandestinité du programme du Conseil National de la Résis- tance, qui débouche sur les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 relatives à la création de la Sécurité Sociale.
Ministre du travail entre 1945 et 1947, il dirige (avec Pierre Laroque, directeur général des Assurances Sociales) la mise en place du système de protection sociale : assurance maladie, système de retraite. Il s’engage sur la création des comités d’entreprise, la méde- cine du travail, la formation professionnelle, la réglementation des heures supplémentaires…
Ambroise Croizat meurt à Paris à 50 ans le 10 février 1951.
Le meilleur hommage que nous pouvons lui rendre est de nous battre sans cesse partout pour que la Sécurité Sociale ne soit pas une coquille vide livrée au privé, mais qu’elle reste ce que Croizat a voulu qu’elle soit : un vrai lieu de solidarité, un rempart à la misère, à la souffrance et à l’exclusion.
Lire l’article de Georges Bressol dans le Relais n° 67.

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Brèves 1 N°89 : La Fusillade de Fourmies 1er mai 1891

Fourmies, située dans le département du Nord, est en 1891 une petite ville d’un peu plus de 15 000 habitants. Très industrialisée (verrerie et travail de la laine), les ouvriers y représentent plus de 75 % de la population active.

L’industrie, depuis 1890, connaît une certaine période de marasme et le patronat local en- tend que les ouvriers paient les frais de la crise (pourtant les bénéfices patronaux de Fourmies s’étalent par an entre 400 000 et 1 000 000 de francs or). C’est un patronat de combat. Les industriels s’opposent, par exemple, unanime- ment, à la loi limitant à 10 heures le travail des femmes et des enfants.

Si les verriers représentent en France une des corporations les plus combatives, les ouvriers du textile ne sont pas organisés. Pourtant, leur esprit de lutte grandit rapidement. De nom- breuses grèves pour de meilleurs salaires vont éclater en 1890-1891.

Mais le grand jour des prolétaires approche… Les patrons, quoique divisés entre « opportu- nistes » et « cléricaux », se mettent facilement d’accord pour lutter contre le danger ouvrier. Le 1er mai 1891, les ouvriers envoient des dé- légations pour faire valoir leurs revendications. Fin de non-recevoir.

Après un premier incident où la gendarmerie charge la foule, portant l’exaspération à son comble, les ouvriers se massent devant la mai- rie, demandant la libération de leurs collègues arrêtés quelques heures plus tôt.

Des cortèges se forment et sillonnent la ville. C’est alors que le drame éclate.

Le commandant Chapus, de la Compagnie du 145e, sans sommation, ordonne d’ouvrir le feu : 9 tués (dont des enfants) et 30 bles- sés sérieux. Chapus sera décoré en 1899 par le Général Gallifet(*), hommage rendu par « le bourreau de la Commune » au « fusilleur de Fourmies ».

Bien que les forces de l’ordre soient mises en cause, ce sont 9 manifestants qui furent condamnés pour entrave à la liberté de travail, outrage et violence à agent.

Nos dirigeants actuels, 130 ans plus tard, n’ont rien inventé.

Lire « la fusillade de Fourmies » de Claude Willard – Editions du Petit Pavé.

* Général Gallifet (1830 -1909). Lors de la Semaine Sanglante à la fin de la Commune, ce militaire sinistre et méprisant s’acquitte sans pitié de la besogne que lui a confiée Thiers. Il préside avec le plus grand sang-froid à la répression.

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